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Connaître l'histoire des semences, c'est reprendre en main sa capacité à faire des choix objectifs en matière d'alimentation...

Petite histoire des semences

Dans les années 30, le nom d’une variété pouvait porter un nom différent selon les régions. En 1932 pour faciliter la circulation des semences et donner une garantie d’authenticité, les variétés sont classifiées dans le Catalogue officiel des espèces et variétés.  Le but étant de commercialiser des semences saines, loyales et marchandes. Les objectifs de sélection sont le rendement, les facteurs de régularité du rendement, la qualité des produits, la résistance aux parasites et aux agresseurs.

 

Le Catalogue Officiel élimine rapidement les variétés peu diffusées. La plupart des variétés cultivées en France deviennent alors illégales. L’État a désormais la main mise sur le vivant. Son catalogue officiel liste les variétés qui entrent dans le domaine public.

 

Au fil du temps la liste se réduit. Les grands semenciers imposent des critères obligatoires pour qu’une variété soit homologuée (cherchez l'erreur...). Les variétés doivent être distinctes, stables et homogènes.

 

Après la seconde Guerre Mondiale, le procédé des semences hybrides est très rentable. Il se répand rapidement en Europe car il s’adapte parfaitement à une agriculture intensive légitime à l’époque.

Les semences hybrides, les F1 (hybridation de première génération) sont des croisements entre variétés. Elles offrent un meilleur rendement. Par contre elle sont très gourmandes en eau, en engrais et ne peuvent pas se reproduire. A force de croisements elle deviennent stériles.

Les gestionnaires du catalogue privilégient ces variétés dites hybrides non reproductibles et détenues par les grands semenciers, c'est le début de la main mise des semenciers sur l’agriculture : tous les ans, l’agriculteur doit payer pour ressemer, car les variétés qu'on lui impose donnent des plantes non productives voire stériles si on les resème...

En 1997, la France impose une annexe pour les variétés anciennes destinées aux jardiniers et amateurs. L’objectif est de contrer la prolifération des militants de semences anciennes et de protéger les grands semenciers. Toute semence qui n’est pas inscrite au catalogue officiel est interdite à la vente. L’échange entre paysans est aussi considéré comme illicite.

Les semenciers fabriquant les engrais et les produits phytosanitaires, ont comprends bien l'intérêt qu'ils ont de ne proposer aux agriculteurs que des variétés fortement dépendantes à ces produits, on comprends également leur lutte destructrice pour éradiquer ou s'approprier toute variété qui échapperait à leur contrôle, le tout avec la bénédiction de l'état.

C'est le point de départ de la guerre des graines, une guerre dont beaucoup ignorent l'existence et qui pourtant nous concerne tous, chaque jour dans notre assiette. Les choix de consommation que nous faisons sont déterminants pour notre avenir et celui des générations futures, voilà pourquoi je me bats pour vous proposer un pain sain issu de la culture de variétés non inscrites au catalogue officiel, manger ce pain est en soi un acte de résistance et le début tangible d'une alternative au monde aseptisé et régit par les géants de la semence.

Voici un documentaire qui résume bien l'état de la situation :

En France, de nombreux paysans cultivent des céréales, souvent en bio, et fabriquent du pain avec des techniques traditionnelles (meule de pierre, levain naturel).

Parce qu’ils sont paysans et boulangers, ils ont remarqué que les variétés modernes de blé ne correspondaient pas à leur besoin.

C’est pourquoi ils ont commencé, souvent de manière isolée, à repartir de variétés anciennes de blé, qualifiées d’impanifiables pour l’industrie, à la recherche de caractéristiques plus intéressantes pour eux : aptitude de la plante à développer le lien avec le sol (plutôt que l’aptitude à utiliser l’azote soluble des engrais chimiques), aptitude à la panification au levain, qualité gustative et nutritionnelle du blé.

 

Sur ce dernier point, l’hypothèse des paysans boulangers est que les variétés modernes de blé, sélectionnées pour leur aptitude à être panifiées à l'echelle industrielle depuis des dizaines d’années, ont développé des types de molécules de gluten indigestes. En effet, les pâtes réalisées à l'echelle industrielle doivent présenter une énorme élasticité afin d'être travaillées par des machines et ce n'est possible qu'avec qu'avec des réseaux de gluten immenses et totalement indigestes.

Les variétés anciennes, en plus de leur aptitude à s’adapter à certains terroirs et à être moins dépendantes des intrants chimiques, présenteraient donc l’avantage d’avoir une qualité nutritionnelle et une digestibilité supérieure.

 

Retrouver des variétés anciennes n’est pas chose aisée car la sélection sur les critères actuels a débuté dès les années 50. Il faut donc remonter à des variétés très anciennes (fin 19ème siècle, début du 20ème). Aujourd’hui, ces variétés anciennes se trouvent dans les frigos de l’INRA, et chez quelques (très rares) paysans qui ont conservé des variétés de terroir. Il est donc nécessaire de les remettre en culture. Après quelques années de sauvegarde/multiplication, c’est aussi un travail d’évaluation puis de sélection, dans chaque ferme et pour chaque besoin spécifique, qu’il faut mener pour obtenir des variétés correspondant à des conditions de culture autonomes et aux besoins de la boulange artisanale.

En bref vous l'aurez compris, consommer un produit issu de variétés anciennes de blé, outre ses avantages nutritionnels et digestifs est un acte militant, le premier pas de votre entrée en résistance !

Alors pourquoi utiliser des blés anciens pour la panification ?

(Source : Réseau Semences Paysannes)

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